La Libération à Écouen
Dans le cadre d’une mission, Manon Sangnier, archiviste au CIG grande couronne, a retracé l’histoire de la Libération à Écouen. Vous ici trouverez son article complet.
Nous adressons nos sincères remerciements à Manon Sangnier pour son travail exceptionnel qui permet à toutes et à tous de mieux connaître l’histoire de notre Ville.
En 1944, l’espoir renaît : La France libérée vue depuis Écouen
En avril 1944, à l’initiative du Conseil national de la Résistance (CNR), des Comités départementaux de Libération (CDL) sont créés dans l’ensemble des départements métropolitains. Ces instances civiles de la Résistance ont pour mission de préparer la transition démocratique dans la perspective de la Libération.
Les comités de Libération pour représenter la Résistance
En effet, dans chaque département, la Résistance s’organise alors autour de deux structures :
- Les forces françaises de l’intérieur (FFI) pour la lute armée
- Le Comité départemental de Libération, chargé de l’organisation civile de la Libération et la gestion administrative.
Ainsi, le 13 avril 1944, une réunion se tient dans une villa du Raincy afin de constituer le CDL de Seine-et-Oise, dont Serge Lefranc est élu président.
Et il faudra attendre l’été de la même année pour que la Libération du département soit progressivement effective. Elle débute à La Boissière-École, dans l’arrondissement de Rambouillet, et s’achève avec l’évacuation de Beaumont-sur-Oise. Entre-temps, les communes sont progressivement libérées, grâce aux actions conjuguées des troupes américaines, de la 2e Division blindée et des groupes FFI locaux.
Effectivement, dans les communes, les anciennes municipalités sont progressivement remplacées par des organes provisoires issus de la Résistance, qui deviennent rapidement des Comités locaux de Libération (CLL). Ces comités, associés aux FFI, procèdent notamment à :
– la destitution des élus désignés sous Vichy
– le ravitaillement de la population,
– la réorganisation administrative
– la préparation de l’épuration,
– la représentation populaire dans l’attente des élections cantonales.
Symbole de leur engagement, les résistants – même ceux de la dernière heure – arborent fièrement le brassard des FFI. L’un de ces brassards est aujourd’hui conservé aux Archives départementales du Val-d’Oise, dans les fonds de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre.
À Écouen, la prise de possession de la mairie par les FFI a lieu le 21 août 1944. Une municipalité provisoire y est installée, chargée notamment de l’organisation du ravitaillement et de l’arrestation de suspects, conformément à un arrêté pris le 12 août 1944. Le 6 septembre 1944, un procès-verbal acte la constitution officielle du CLL d’Écouen. Ce comité reçoit, quelques jours plus tard, la validation du CDL pour exercer les fonctions municipales. Le maire et ses adjoints sont donc désignés le 25 septembre 1944.
Des noms de rue pour faire œuvre de Mémoire
En parallèle, la Libération est aussi marquée par une forte effervescence dénominative. Si certains choix s’avèrent consensuels (avenue de la Résistance, rue des Martyrs, etc.), on remarque cependant, la forte émergence d’une mémoire se concentrant autour de quelques noms. On parle alors de gestion des odonymes (nom des routes et places).
Ainsi, en mars 1945 est proposé de donner à certaines rues de la commune les noms de résistants fusillés et le 30 mai 1945, une commission administrative se réunit pour discuter du baptême de plusieurs rues.
Pour la nouvelle dénomination des rues, il a été convenu de ne retenir que les noms des personnes tuées par fait de guerre alors qu’elles n’étaient pas obligées de combattre, comme c’est le cas des anciens résistants ou FFI qui sont morts en combattant volontairement. Ainsi, aujourd’hui, la ville d’Ecouen compte maintenant les rues Mireille Zoude, Jacques Yvon, Colette Rousset ou encore Georges Joyeux.
Pour la nouvelle dénomination des rues, il a été convenu de ne retenir que les noms des personnes tuées par fait de guerre alors qu’elles n’étaient pas obligées de combattre, comme c’est le cas des anciens résistants ou FFI qui sont morts en combattant volontairement. Ainsi, aujourd’hui, la ville d’Ecouen compte maintenant les rues Mireille Zoude, Jacques Yvon, Colette Rousset ou encore Georges Joyeux.
Colette Rousset, résistante écouennaise
Rousset Colette Marguerite Françoise est née à Ecouen le 17 décembre 1909 et vit au 15 rue Paul Seignac jusqu’à sa disparition. Elle entre dans la Résistance en 1942 pour devenir secrétaire de Kieser surnommé « Richard ». Elle fait partie du Mouvement de Libération Nord. Elle est arrêtée par la Gestapo le 17 mai 1944 rue de Rennes à Paris pour être mise « au secret » à Fresnes. Elle partira en Allemagne le 15 août 1944 et sera déportée dans plusieurs camps : Torgau sur Elbe, Ravensbruck, Koenigsberg sur l’Oder, Riechlin (région de Poméranie en Pologne). D’après plusieurs correspondances, c’est en mars 1945, dans ce camp, qu’elle décèdera. Un dossier sera établi en 1946 afin de la déclarer comme « déportée politique » et de rédiger un acte de disparition. Une demande pour la décorer de la Croix de Guerre sera également réalisée mais restera sans suite.
Extrait du dossier établi pour établir la régularisation d’un « non-rentré » au nom de Colette Rousset (1946), fonds communal d’Ecouen (1H129)